Les premiers vêtements étaient faits à la main. Il fallait filer et tisser la fibre textile pour créer le tissu. Cette tradition était transmise de mère en fille. Entre 1882 et 1970, plusieurs écoles ménagères ouvrent à travers la province pour former les jeunes filles aux arts ménagers (couture, tricot, broderie, tissage, art culinaire, etc.). Même s’il s’agit d’un domaine fortement féminin, les hommes doivent parfois s’adonner à la couture, notamment lorsqu’ils sont dans des camps de bûcherons.
Avec l’industrialisation et l’arrivée des magasins à grande surface, les produits faits à la main ne disparaissent pas aussitôt. Les femmes qui sortent des écoles ménagères trouvent rapidement des emplois dans les manufactures de textiles. Même si la confection est réalisée par des femmes, les modèles de vêtements et de sous-vêtements sont souvent créés par des hommes. La confection de vêtements masculins a longtemps été réservée au métier de tailleur.
L’évolution des modes vestimentaires suit l’évolution du statut de la femme au fil des années. L’époque victorienne (1837-1900) est caractérisée par un style très austère. Les femmes portent des cols boutonnés jusqu’au cou ; les couleurs sont foncées et les tissus, lourds. Les jupes sont encombrantes, sans forme. Rien ne doit être dévoilé. Du côté des hommes, le col dur et la redingote sont l’habillement commun.
La fin du 19e siècle marque le début de la haute couture. Même si les vêtements restent austères, les tissus imprimés et les accessoires tels que les chapeaux, les gants, le châle ou le voile font leur entrée. Les jupes restent longues, mais la taille est maintenant corsetée. Les femmes portent aussi la tournure, un coussin placé sous le jupon, au niveau des hanches afin d’accentuer la taille. Dès la décennie 1890, les décorations envahissent la mode : dentelles, broderies, volants, glands, etc. Les vêtements féminins sont maintenant plus ajustés, notamment au niveau de la taille et des bras.
Avec la Belle époque (1900-1918), les lignes des vêtements deviennent plus souples, en suivant les courbes du corps. Le corsage et les jupes longues sont toujours présents, tout comme les accessoires, mais la mode est aux vêtements plus naturels.
Les Années folles (1920-1930) entraînent des changements majeurs. Le corset est abandonné, les hanches ne sont donc plus accentuées. La jupe est un peu moins longue qu’auparavant. La silhouette semble plus longue. Les femmes portent les cheveux plus courts, à la garçonne, souvent avec un bandeau. Le chapeau cloche est aussi un accessoire populaire, tout comme le collier de perles. Du côté des hommes, les années 1920 marquent la popularité du sweatshirt en laine, notamment à cause du ski et des sports d’hiver.
Dans les années 1930, le confort continue d’être un mot-clé dans la mode vestimentaire. Les tissus sont plus légers. On voit l’apparition du béret et des salopettes pour femmes. Celles-ci portent aussi de plus en plus de tailleurs et de petits chapeaux. Vers la fin de cette décennie, les femmes commencent à porter des pantalons propres en remplacement des robes et des jupes. Quant à eux, les hommes portent des pardessus et des chapeaux en feutre mou. Le complet pantalon-chemin-veston reste un élément central de la mode masculine. Le chapeau melon est un accessoire masculin très populaire durant la première moitié du 20e siècle.
Les années 1940 sont marquées par la Deuxième Guerre mondiale. La mode vestimentaire adopte le style militaire : vêtements sobres et décontractés, lignes droites ou légèrement évasées. La jupe est plus courte, restant toutefois sous les genoux.
La décennie suivante est l’opposée : il s’agit d’une époque de consommation et de luxe. Les vêtements sont légers et féminins. Les jupes sont amples et froufroutantes; la taille fine est très marquée. La mode est aussi aux robes portefeuille. Les années 1950 ont un style très glamour.
Durant les années 1960, la mode est très audacieuse. Les robes et les jupes sont plus courtes, au-dessus des genoux jusqu’à la mi-cuisse. Ce sont les débuts de la mini.
La décennie 1970 apporte une mode unisexe : les femmes portent plus souvent des pantalons, des cols roulés, des ceinturons. Tenue universelle, le jeans fait son apparition. Le mouvement hippie fait un retour à la terre et au travail manuel. Les vêtements sont souvent faits à la main. Les cheveux sont portés longtemps autant pour les hommes que pour les femmes.
La mode des années 1980 est très extravagante, pour les deux sexes. C’est l’âge d’or du disco et la naissance de la culture populaire. Les couleurs sont vives (néon même!) ; les motifs, audacieux. La mini-jupe est toujours présente, tout comme les jeans serrés et les leggings accompagnés de larges sweatshirts. Les larges épaulettes des tailleurs sont des plus en plus populaires.
Les années 1990 reviennent à un style plus naturel et désinvolte. Les vêtements sont plus souples et confortables. Le jean est omniprésent : en pantalons, en jupes, en salopettes, en vestes, etc. Les motifs sont plus discrets et les couleurs unies dominent. Le sac banane est l’accessoire typique de cette décennie.
Source : Brasset, Rose-Line. « À la mode de chez nous 1860-1980 », Québec, Les Publications du Québec, 2013.