L’édifice de bois est conçu comme un immense cottage anglais et ne compte pas moins de 20 pièces qui servent de chambres pour héberger les skieurs séjournant dans la région la fin de semaine.
L’histoire de ce bâtiment remonte avant 1867, alors qu’il est la propriété de Frederick William Scott. Il s’agit alors d’une maison de ferme. En 1881, Joseph Stephens achète la résidence et le terrain. Après quelques transactions au sein de la famille, c’est son petit-fils Joseph S. Stephens qui en devient le propriétaire. Il continue d’y élever des animaux de ferme (vaches, chèvres et chevaux), mais transforme le bâtiment en maison de pension. En 1921, il vend la propriété à Marie Eugénie Lanctôt, l’épouse de son fils Samuel qui sera un des membres fondateurs du Laurentian Lodge Club.
Après l’incendie du Manitou Club à Sainte-Agathe en 1922, un regroupement de skieurs anglophones de Montréal crée la même année le Laurentian Lodge Club, un des plus vieux clubs de ski en Amérique du Nord. L’organisme cherche un endroit pour loger les skieurs et loue la résidence de Mme Lanctôt. Devenu une maison d’invités, le bâtiment accueille aussi les sportifs venus profiter du club de golf de Shawbridge, incorporé en 1927. Les affaires du club vont bien et en 1929, il acquiert la maison de Mme Lanctôt.
Des meubles usagés sont achetés à Boston pour équiper la résidence. Les lits sont achetés de l’Hôpital général de Montréal, au coût de 3$ chacun. L’hôpital s’en débarrassait puisqu’ils étaient si inconfortables que même un patient inconscient ne pouvait y dormir. Les garçons et les filles dormaient dans deux chalets séparés. Celui des garçons était situé au bas de la pente de ski Big Hill, tandis que celui des filles était à proximité du bâtiment principal. Dans les années 1920, un incendie se déclare au sous-sol, faisant heureusement que très peu de dégâts. Le tremblement de terre de 1927 brise quelques vaisselles dans la cuisine, mais n’endommage pas la structure.
Durant les années 1930 et 1940, la popularité du club bat son plein. La maison d’invités ainsi que les chalets des garçons et des filles sont remplis et certains invités doivent aller dormir au Maple Leaf Inn, situé non loin, ou à la maison de pension de Mme Marshall, près du pont Shaw.
Dès la fin des années 1950, l’ouverture de pentes de ski ailleurs dans les Laurentides (Saint-Sauveur, Sainte-Agathe, Mont-Tremblant) fait baisser l’achalandage à Shawbridge qui perd son attrait comme destination hivernale. Plusieurs membres continuent toutefois d’y séjourner avant de prendre le train pour faire des excursions à Mont-Tremblant ou ailleurs dans les Laurentides. En 2016, le Laurentian Lodge est transformé en une auberge avec salle de réception, et le club cesse ses activités.