Première autoroute au Québec, l’autoroute des Laurentides est d’abord mise en service jusqu’à Saint-Jérôme en 1958. Cette nouvelle voie de circulation permet de contrer les problèmes de congestion sur la route 11 (aujourd’hui la route 117). Annoncé en 1962, son prolongement jusqu’à Sainte-Adèle transforme radicalement le Vieux-Prévost. Le tracé de l’autoroute dans le village oblige la démolition ou l’incendie contrôlé d’une cinquantaine de maisons. Une soixantaine de terrains, sur plus de 200, sont expropriés afin de permettre le passage des voies. Parmi les propriétaires, plusieurs sont d’origine juive, ce qui témoigne de l’impressionnant passé de villégiature du village : Bercovitch, Charatsky, Guralnik, Hacomsky, Karasky, Shabinsky, Wolansky, Zaccharine, etc. Les travaux causent aussi plusieurs dommages aux rues environnantes et à l’aqueduc. Des sous-sols de maisons sont inondés à cause d’un problème de déversement d’eau en provenance de l’autoroute.
En décembre 1963, le tronçon de Saint-Jérôme jusqu’à Saint-Sauveur est ouvert afin de permettre aux skieurs de se rendre aux pentes de ski. Le mois suivant, un poste de péage à Prévost entre en fonction et le reste jusqu’en 1984.
De nombreux citoyens critiquent les mesures d’expropriation prises par l’Office des autoroutes. Après la construction, les habitants du secteur du Vieux-Prévost demandent à ce qu’une passerelle piétonnière soit construite au-dessus de l’autoroute afin de relier les deux parties du village. Après un an d’attente sans aucune nouvelle, plusieurs citoyens manifestent leur mécontentement en août 1964 aux abords de l’autoroute. Durant cette manifestation, alors que la tension montait entre les agents et les citoyens, un policier nerveux aurait tiré deux coups de feu. Selon les témoins, les tirs étaient en direction d’un manifestant alors que l’agent affirme avoir tiré dans les airs. Trente minutes après le début de l’escarmouche, tout revenait à l’ordre et l’autoroute était libérée.
Déjà affaiblie par l’exode des nombreux vacanciers insatisfaits de l’insalubrité des eaux de la rivière du Nord, la situation est aggravée par la perte des trois pentes de ski. Le tracé de l’autoroute coupe la base de ces aménagements, devenus inaccessibles, et empêche tout développement subséquent de leurs équipements. Pailleurs, ces pistes connaissaient déjà un lent déclin, ne pouvant rivaliser avec les pentes ailleurs dans les Laurentides (Saint-Sauveur, Mont-Tremblant, etc.). Le détournement du trafic de la route 11 vers l’autoroute entraîne aussi la fermeture de commerces dans les villages.
L’autoroute, qui atteint ensuite Sainte-Adèle en 1965 et Sainte-Agathe en 1974, entraîne plusieurs travaux d’aqueduc dans le village du Vieux-Prévost et le démantèlement définitif des rails du Canadien National en 1962. Les derniers vestiges du chemin de fer sont les piliers servant à franchir la rivière du Nord et les contreforts en béton le long de l’actuelle route 117, près de Sainte-Anne-des-Lacs.