Voisin de la ferme Pagé, le Sommet Parent, dont les pentes ont été actives presqu’en même temps que la Côte 50, était situé à 1,3 kilomètre au sud de l’entrée actuelle de l’autoroute.
Cette pente de ski longtemps réputée allait de l’actuelle montée Sainte-Thérèse jusqu’à la rivière du Nord en contrebas. D’abord connue sous le nom de Côte Lesage ou Côte Parent, elle est aménagée par l’entrepreneur jérômien Lucien Parent, un homme d’affaires qui possède aussi des terres à Saint-Jérôme. La station est en opération pour sa première saison à l’hiver 1947-1948, avec 3 remonte-pentes.
La référence au village de Lesage dans son nom, malgré sa localisation dans le Vieux-Prévost, peut être expliquée par l’importante implication du curé Léo Baron et du maire Henri Renaud de Lesage. Les deux hommes encourageaient leurs paroissiens francophones à pratiquer ce sport vivifiant et sain sur « leur pente ». De plus, comme le Vieux-Prévost n’avait pas sa propre gare, les touristes débarquent à celle de Lesage avant de faire le trajet jusqu’à la piste de deux façons. Après la bénédiction des skis à l’église Saint-François-Xavier, les skieurs les plus audacieux ou pressés franchissent la rivière du Nord glacée par la rue Brunette. Les plus prudents préfèrent la franchir en passant sur le pont ferroviaire du Canadien National qui était situé un peu plus au sud près de l’actuelle rue Roméo-Monette. Ils doivent ensuite utiliser le remonte-pente pour rejoindre le chalet situé au sommet du mont.
Le nom de la pente de ski change pour le Sommet Parent à l’hiver 1950-1951 et des rénovations sont apportées au chalet principal. Cette pente est très fréquentée : les skieurs arrivaient par les trains du Canadien National ou du Canadien Pacifique. Ils s’y rendaient en skiant à partir de l’une des gares de Shawbridge et de Lesage ou en s’y faisant transporter en voiture tirée par des chevaux. Lorsque les routes sont déneigées, les touristes délaissent le train et font le trajet en autobus ou en automobile.
La saison 1951-1952 est la dernière pour Lucien Parent en tant que gestionnaire, ses nombreux autres projets prenant trop de son temps. La station ferme malheureusement ses portes pendant 4 ans, de 1952 à 1956. C’est un cousin, René Hackey, qui reprend la gestion de la pente de ski. Il travaillait auparavant au restaurant de la Côte Parent et a économisé afin de pouvoir louer l’emplacement à Lucien Parent. Le Sommet reprend du service en décembre 1956 et un instructeur est engagé pour fournir des cours de ski. La station ferme à la fin de l’hiver 1958-1959, alors que la concurrence avec les pentes ailleurs dans les Laurentides est trop forte. Lors du prolongement de l’autoroute des Laurentides dès le début des années 1960, le bas de la piste est expropriée. On souligne alors que la station est déjà fermée.